Julien Aubert : « La France ne sauvera pas le travail sans recommencer à produire »

Cliquez pour visualiser la tribune du 30/04/2026

Le débat sur le travail passe à côté de l’essentiel : sans production, il n’y a ni protection sociale solide ni sens durable au travail. Le problème n’est pas un manque de volonté, mais une perte de souveraineté économique. Avec un chômage persistant malgré des centaines de milliers de postes vacants, une productivité en baisse et un doute croissant sur l’utilité des emplois, le malaise est profond. À force de compenser par la dette, la redistribution et la bureaucratie, la base productive s’est affaiblie, rendant le modèle social de plus en plus fragile.

Au-delà des chiffres, c’est le rapport au travail lui-même qui s’est dégradé. Beaucoup travaillent sans réellement exercer un métier, étouffés par les procédures et l’abstraction. Les métiers concrets comme l'artisanat, le soin, l'industrie ou l’agriculture ont été relégués au second plan, alors qu’ils sont indispensables. Cette dévalorisation crée une dépendance vis-à-vis de l’extérieur et fragilise la cohésion sociale. Redonner de la dignité à ces métiers dès l’école et tout au long de la vie devient une condition essentielle pour reconstruire un équilibre.

La sortie de crise passe par une reconquête productive claire : réindustrialiser, sécuriser les filières stratégiques, simplifier les règles et redonner du pouvoir aux travailleurs dans l’entreprise. Cela implique aussi de repenser le contrat social, de mieux valoriser le travail, d'adapter l’emploi aux réalités démographiques et de lever les freins comme celui du logement. La question de fond est simple : continuer à produire et transmettre, ou s’installer dans une logique de compensation où l’on distribue sans créer. Sans un changement de cap, le travail perdra son sens et le modèle social son fondement.

Signée par Julien Aubert et Nicolas Baaklini, cette tribune mérite votre attention !

Julien Aubert : « La politique énergétique française doit s’assumer comme instrument de puissance »

Cliquez pour visualiser la tribune du 17/04/2026

La France se retrouve dans une situation paradoxale, avec une électricité parmi les plus décarbonées d’Europe, mais aussi l’une des plus chères. Ce décalage révèle un problème de choix politiques plus que techniques. En quelques années, un modèle fondé sur le nucléaire et l’hydraulique, stable et souverain, a été progressivement remplacé par une stratégie jugée plus coûteuse, moins fiable et davantage dépendante.

L’énergie ne peut pas être réduite à une simple logique de marché : elle touche directement au pouvoir d’achat, à la compétitivité et à l’indépendance du pays. Cela suppose de faire des choix clairs, notamment en relançant une ambition nucléaire forte, en prolongeant les installations existantes, en construisant de nouveaux réacteurs et en investissant dans des technologies de long terme. Dans ce cadre, les énergies renouvelables électriques seraient repositionnées comme un complément, tandis que d’autres leviers, comme le biométhane ou certains usages ciblés de l’hydrogène, pourraient contribuer de manière plus stratégique.

Au-delà des solutions techniques, c’est une question de cap. La politique énergétique doit redevenir un outil de souveraineté assumé, fondé sur des décisions lisibles, une vision industrielle cohérente et une prise en compte des réalités économiques et sociales. Sans cela, la transition restera fragile, coûteuse et difficilement acceptable, alors même qu’elle devrait être un levier de puissance et de stabilité pour l’avenir.

Signée par Julien Aubert, cette tribune mérite votre attention !

Accès à l’enseignement supérieur : sélection par l’échec ou échec de la sélection ?

Cliquez pour visualiser la tribune du 02/04/2026

La France affiche un accès massif à l’enseignement supérieur, avec un taux d’acceptation parmi les plus élevés de l’OCDE. Mais derrière ce chiffre se cache une réalité plus brutale : dès la première année, une grande partie des étudiants décroche. Amphis surchargés, encadrement limité, orientation parfois floue... Beaucoup se retrouvent en difficulté ou réalisent trop tard qu’ils ne sont pas à leur place. Le système laisse entrer presque tout le monde, mais ne garantit pas la réussite.

Depuis des décennies, la question de la sélection reste taboue, malgré des constats répétés sur ses effets. Les tentatives de réforme ont souvent échoué face aux oppositions politiques et sociales. Plus récemment, Parcoursup a amélioré l’organisation des admissions, sans régler le fond du problème : une orientation imparfaite, où l’on classe les candidats sans réellement pouvoir sélectionner, et où certaines filières accueillent par défaut des étudiants mal préparés.

L’enjeu est donc de repenser en profondeur l’accès à l’université pour éviter cet échec massif. Cela passe par un baccalauréat plus exigeant, une meilleure prise en compte des résultats finaux dans l’orientation, et des critères d’admission adaptés aux exigences des formations. L’objectif n’est pas de fermer les portes, mais d’accompagner chacun vers un parcours cohérent, quitte à prendre plus de temps, afin de transformer un système subi en véritable trajectoire de réussite.

Signée par Julien Aubert, Céline Imart, Valérie Boyer, Patrice Verchère, Sébastien Meurant et d'autres élus, cette tribune mérite votre attention !

https://atlantico.fr/article/decryptage/acces-enseignement-superieur-selection-par-echec-ou-echec-de-la-selection-oser-la-france-julien-aubert

Julien Aubert : « Une primaire ouverte ne résoudra rien, elle aggravera tout »

Cliquez pour visualiser la tribune du 28/03/2026

Une primaire ouverte est souvent présentée comme une solution démocratique pour départager les candidats et créer une dynamique collective. En réalité, elle risque surtout d’exacerber les divisions existantes, en exposant publiquement les rivalités, les fractures idéologiques et les ambitions personnelles. Loin de rassembler, ce type de processus tend à affaiblir le camp qui y recourt, en laissant des traces durables après la compétition et en compliquant le rassemblement autour du vainqueur.

Ce mécanisme donne aussi un pouvoir décisif à des électeurs extérieurs au camp politique concerné, ce qui peut biaiser le choix final. Une primaire ouverte ne garantit donc ni la cohérence du projet, ni la légitimité du candidat. Elle peut même conduire à désigner une personnalité qui ne reflète pas réellement les équilibres internes, tout en brouillant les repères idéologiques et stratégiques à l’approche de l’élection.

Enfin, ce type de sélection détourne l’attention des enjeux de fond. Plutôt que de clarifier une ligne politique et de construire une offre crédible, l’énergie se concentre sur une compétition interne longue et conflictuelle. Le risque est alors double, sortir affaibli et divisé, tout en donnant l’image d’un camp incapable de se structurer autrement que par des affrontements internes.

Signée par Julien Aubert, cette tribune mérite votre attention !

https://www.lopinion.fr/politique/presidentielle-2027-une-primaire-ouverte-ne-resoudra-rien-elle-aggravera-tout-par-julien-aubert

« TRIBUNE – Jungle Bell » – par Julien Aubert

Cliquez pour visualiser la tribune du 09/02/2026

Chaque jour, le système onusien est mis à l’épreuve : enlèvement d’un chef d’État, menaces d’annexion du Groenland, frappes américaines contre l’Iran, retrait massif de Washington de nombreuses agences onusiennes. La paix par le droit s’efface. Il ne reste que la jungle. Trump n’est que l’aboutissement d’un choc initial survenu il y a trente-cinq ans : la chute de l’URSS. Les États-Unis ont alors compris que la Charte des Nations unies n’était plus indispensable dans un monde devenu unipolaire.

La guerre du Golfe, souvent présentée comme l’exemple du bon fonctionnement de la Charte, portait déjà les germes du délitement. Dès 1990, Washington agissait sans attendre réellement le Conseil de sécurité. À chaque crise, le droit s’adapte un peu plus aux ambitions américaines. En 1999, l’intervention au Kosovo fut légitimée a posteriori par la résolution 1244. Après le 11 septembre 2001, l’ONU reconnut le droit des États-Unis à agir au titre de la légitime défense. Avec l’Afghanistan, la « guerre juste » s’élargit dangereusement : la légitimité l’emporte sur la légalité.

Trump révèle brutalement un système conçu en 1945 par les États-Unis, puis progressivement abandonné depuis les années 1990. Comme l’a rappelé Jacques Attali, leur relation à l’Europe repose sur le rapport de force. Les États-Unis défendent le droit lorsqu’il sert leur stratégie, comme l’illustre le traité New START signé par Obama. Pour la France, l’enjeu est existentiel : nous avons besoin que l’ONU survive, car le Conseil de sécurité nous confère une influence que notre puissance réelle ne justifie plus. En revanche, dans un monde redevenu dangereux, nous n’avons aucun intérêt à brider notre dissuasion nucléaire.

Signée par Julien Aubert, cette tribune mérite votre attention !


« TRIBUNE – Formation professionnelle des jeunes en France : à la recherche de la dignité perdue » – par Julien Aubert

Cliquez pour visualiser la tribune du 20/02/2026

La formation professionnelle attire un tiers des élèves après la 3ᵉ, mais pour beaucoup, la réalité est celle d’une voie dévalorisée : absentéisme massif, décrochage, démotivation, faible insertion professionnelle. Malgré quelques filières d’excellence et de bonnes initiatives locales, le système est décrit comme en crise profonde, masquée par des taux de réussite artificiellement élevés aux diplômes.

Le cœur du problème serait l’orientation par défaut : des élèves peu motivés, insuffisamment formés en amont, sont dirigés vers la voie pro sans projet ni désir réel de métier. Cela alimente l’échec, la perte de sens et la dégradation de l’image de ces formations. Les solutions « techniques » ou idéologiques (rémunération des stages, discours sur la ségrégation sociale, recours aux mineurs étrangers) ne traitent pas les causes structurelles.

La tribune appelle à un redressement fondé sur la dignité, l’exigence et le mérite : mieux préparer l’orientation dès le collège, rendre la voie professionnelle désirable, renforcer la sélection, l’accompagnement et la discipline, et réconcilier formation professionnelle et économie réelle. Sans industrie forte, sans valorisation du travail et sans projet collectif autour des métiers, il sera impossible de redonner fierté et reconnaissance à l’enseignement professionnel.

Signée par Julien Aubert, Céline Imart, Valérie Boyer, Patrice Verchère, Sébastien Meurant et d'autres élus, cette tribune mérite votre attention !