Julien Aubert : « La France ne sauvera pas le travail sans recommencer à produire »

Mai 2, 2026

Cliquez pour visualiser la tribune du 30/04/2026

Le débat sur le travail passe à côté de l’essentiel : sans production, il n’y a ni protection sociale solide ni sens durable au travail. Le problème n’est pas un manque de volonté, mais une perte de souveraineté économique. Avec un chômage persistant malgré des centaines de milliers de postes vacants, une productivité en baisse et un doute croissant sur l’utilité des emplois, le malaise est profond. À force de compenser par la dette, la redistribution et la bureaucratie, la base productive s’est affaiblie, rendant le modèle social de plus en plus fragile.

Au-delà des chiffres, c’est le rapport au travail lui-même qui s’est dégradé. Beaucoup travaillent sans réellement exercer un métier, étouffés par les procédures et l’abstraction. Les métiers concrets comme l'artisanat, le soin, l'industrie ou l’agriculture ont été relégués au second plan, alors qu’ils sont indispensables. Cette dévalorisation crée une dépendance vis-à-vis de l’extérieur et fragilise la cohésion sociale. Redonner de la dignité à ces métiers dès l’école et tout au long de la vie devient une condition essentielle pour reconstruire un équilibre.

La sortie de crise passe par une reconquête productive claire : réindustrialiser, sécuriser les filières stratégiques, simplifier les règles et redonner du pouvoir aux travailleurs dans l’entreprise. Cela implique aussi de repenser le contrat social, de mieux valoriser le travail, d'adapter l’emploi aux réalités démographiques et de lever les freins comme celui du logement. La question de fond est simple : continuer à produire et transmettre, ou s’installer dans une logique de compensation où l’on distribue sans créer. Sans un changement de cap, le travail perdra son sens et le modèle social son fondement.

Signée par Julien Aubert et Nicolas Baaklini, cette tribune mérite votre attention !